Puzzle n° 5

Nu couché (sur le côté gauche), 1917 Par Amedeo Modigliani (1884-1920)

1917 : UNE EXPOSITION MODIGLIANI INTERDITE POUR OUTRAGE AUX BONNES MŒURS

Berthe Weill (1865-1951) a été la première femme, la première marchande d’art à ouvrir une galerie à Paris – à Montmartre, l’an 1901 ; les impressionnistes s’essoufflant, la galeriste avait choisi de soutenir les artistes les plus anticonformistes du moment ; à savoir, entre autres, les avant-gardistes Picasso, Braque, Matisse, Bonnard, Dufy, Valadon, Laurencin…

Ensuite, l’an 1917, après avoir déplacé son activité au 50, rue Taitbout, dans le neuvième arrondissement de Paris, la galerie B. WEILL aura exposé des œuvres du peintre Amedeo Modigliani (1884-1920).

Outre ses portraits de la bohème intellectuelle parisienne, pour tenter de faire enfin décoller sa carrière, le peintre italien connu pour ses déboires alcooliques et sa toxicomanie, avait commencé à peindre des nus féminins… – Conquise par le renouvellement du genre réalisé par le peintre figuratif, Berthe Weill avait alors décidé de présenter ces œuvres conjointement aux travaux antérieurs de l’artiste.

Commerçante, pour booster sa prestation, la galériste avait accroché un nu de Modigliani dans la vitrine de sa galerie ; ce lieu d’exposition se trouvant faire face au commissariat de police… – Mais bientôt, alerté par les riverain(e)s, quant au scandale provoqué par ce rendez-vous artistique qui avait été inauguré lors d’un vernissage le 30 décembre 1917, le commissaire de police a convoqué la galeriste qui aura dû traverser la rue sous les insultes (sexistes et/ou antisémites) pour se rendre à cette convocation.

Le haut fonctionnaire avait alors ordonné à la marchande d’art de décrocher tous ces nus, sous peine de poursuites – au motif que cette exposition constituait un outrage aux bonnes mœurs, et, un trouble à l’ordre public. La raison de cette injonction était la suivante : le peintre avait représenté des poils sous les aisselles de ses modèles, et, pire encore, sur le mont de Vénus de ces femmes posant en majorité allongée – et, dans des positions lascives, leur toison pubienne.

Rien de nouveau en la matière. Avant la galeriste Berthe Weill et le peintre Amedeo Modigliani, bien des artistes avaient connu ce genre de censure : les poils sexuels étant liés à la puberté, au moment où le désir sexuel s’éveille…

– Ainsi, en peinture, l’absence de poil aura-t-elle longtemps garanti la bonne correspondance avec la transcendance ; les anges, les archanges et autres déesses étant toujours – obligatoirement – représentés imberbes ; c’était, dans ce répertoire de forme qui avait encore cours durant la Grande Guerre, en l’occurrence ici l’an 1917, l’équivalent de la pureté et de la perfection. Depuis notre antiquité grecque, dans l’art occidental, il avait toujours été inconcevable que le corps humain – qui plus est le corps féminin : fût représenté autrement que lisse et imberbe.

Ce tableau Nu couché (sur le côté gauche), 1917 Par Amedeo Modigliani (1884-1920) est conservé au : Collection privée

Temps écoulé 00:00

Bravo !

Vous avez résolu ce puzzle en 00:00 !

Nos autres puzzles disponibles

Les raboteurs de parquet, 1875 Par Gustave Caillebotte (1848-1894) Sur la terrasse, 1874 Par Berthe Morisot (1841-1895) Tournée du Chat Noir de Rodolphe Salis, 1896 Par Alexandre Steinlen (1859-1923) Femme nue tenant un livre, 1924 Par Félix Vallotton (1865-1925) Nu couché (sur le côté gauche), 1917 Par Amedeo Modigliani (1884-1920) Sur la plage, Trouville, 1887 Par Eugène Boudin (1824-1898) Une élégante sur la plage de Trouville, 1885 Par Jean-Louis Forain (1852-1931) La place Morny à Deauville, 1929 Par Lucien Adrion (1889-1953) La Femme à la vague, 1868 Par Gustave Courbet (1819-1877) Le Printemps (Jeanne Demarsy), 1881 Par Édouard Manet (1832-1883) L’Angélus, 1857-1859 Par Jean-François Millet (1814-1875) La table de travail, 1926 Par Pierre Bonnard (1867-1947) La Maison blanche, la nuit, 1890 Par Vincent van Gogh (1853-1890) Affiche Au Bon Marché, 1870 Par Publicité Wallace Satie écoutant Stéphanie Nantas jouer Bach, 1894 Par Santiago Rusinol (1861-1931) La Samaritaine, 1870 Auteur inconnu Des glaneuses, 1857 Par Jean-François Millet (1814-1875) Michèle Morgan, 1942 Par Moïse Kisling (1891-1953) La petite châtelaine à la natte courbée, 1892-1893 Par Camille Claudel (1864-1943) La Liberté guidant le peuple, 1830 Par Eugène Delacroix (1798-1863) Colonne Morris, boulevard des Capucines, 1880 Par Jean Béraud (1849-1935) Un balcon à Paris, 1880 Par Gustave Caillebotte (1848-1894) Halme, 1938 Par Paul Klee (1879-1940) Le bureau de coton à La Nouvelle-Orléans, 1873 Par Edgar Degas (1834-1917) La tireuse de carte (ou l’avenir dévoilé), 1912 Par Suzanne Valadon (1865-1938) Maternité, 1890 Par Mary Cassatt (1844-1926) Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard, 1801 Par Jacques-Louis David (1748-1825) La visite du médecin-chef à l’hôpital, 1889 Par Luis Jiménez Aranda (1845-1928) Ludwig van Beethoven composant la Missa Solemnis, 1820 Par Joseph Karl Stieler (1781-1858) Jeune femme nue au miroir, 1515 Par Giovanni Bellini (1425-1516) Le martyre de saint Denis, 1874/1888 Par Léon Bonnat (1833-1922) Arthur Rimbaud, vers 1872 Par Étienne Carjat (1828-1906)
Aller au contenu principal