Puzzle n° 7

Une élégante sur la plage de Trouville, 1885 Par Jean-Louis Forain (1852-1931)

Un héritier de Manet à Trouville. C’était la Belle Époque, les demi-mondaines possédant hôtels particuliers, voitures de luxe, diamants et domestiques – outre les Champs-Elysées et le bois de Boulogne, se devaient aussi d’aller faire leur persil sur les plages normandes et de la Riviera… 

Les demi-mondaines se devaient aussi d’aller faire leur persil sur les plages normandes et la Riviera ?… Danseuse au Moulin Rouge, Jane Avril (1868-1943) l’a raconté dans ses Mémoires : « La mode était, en ce temps-là, de se montrer chaque jour, de quatre à sept heures, au bois de Boulogne, promenant tout le luxe de Paris. On appelait cela : Faire son persil. »

Et la danseuse du Moulin Rouge d’ajouter :

« De belles hétaïres, nonchalamment, se prélassaient en des victorias garnies de fleurs, parées de sensationnelles toilettes. Des mondaines de haut rang, curieuses, les dévisageaient. Des cavaliers à cheval passaient, on se saluait au passage avec ostentation ou discrètement, selon les cas. Des idylles s’ébauchaient. »

C’était la Belle Époque, outre les propriétés potagères et médicinales du persil, depuis le Second Empire (1852-1870), la prostitution cultivée tel un art de vivre fascinait : la sexualité telle qu’elle avait été prônée par les Pères de l’Eglise avait fait long feu. Bientôt 1905… La French touch était étoffée par les attitudes transgressives mises au point et théâtralisées par celles qui avaient succédé aux favorites de l’Ancien régime : la Ville Lumière n’était-elle pas mondialement réputée pour son inventivité et son audace en matière de mœurs ?…

Les courtisanes Valtesse de la Bigne (1848-1910), Liane de Pougy (1869-1950) et Caroline Otero (1868-1965) avaient subjugué le Tout-Paris. Celles que l’on surnommait alors Les Trois Grâces (les déesses du charme, de la beauté et de la créativité de la mythologie grecque) avaient séduit – ensorcelé le monde, au-delà des frontières de l’Hexagone ; car celles que l’on appelait alors les cocottes imposaient des attitudes et un mode vie, fondés sur la conquête de leur indépendance économique, à une période de l’histoire où les femmes n’avaient pas le droit de jouir de leur propre compte en banque…

Avant que le concept de La Parisienne fût achevé, celui-ci destiné à devenir un absolu pour toutes les femmes du monde (dit) libre, la remise en question de nos mœurs aura été soutenue par les favorites de haut vol bien au-delà de la Ville Lumière : dans les stations balnéaires les plus en vue de Normandie et de la Côte d’Azur…

Quel rapport avec Édouard Manet ?… La déchristianisation de la sexualité occidentale actée en peinture.

La Révolution française n’avait rien apporté aux peintres en matière de liberté d’expression, la politique concordataire de l’empereur Napoléon 1er (1769-1815) ayant très tôt redonné au Saint-Siège l’un de ses plus grands privilèges ; à savoir un droit de censure sur les arts visuels. – Aussi, pour déchristianiser la sexualité occidentale, les peintres modernes ont-ils été contraints de déclarer la guerre du nu à l’État impérial ; et c’est Édouard Manet (1832-1883), qui, l’an 1863, aura lancé l’offensive, en peignant Olympia : soit une courtisane allongée en tenue d’Ève sur son lit de parade (un trône selon Émile Zola), dans l’attente de son client…

Avec Manet aucune idéalisation, pas de prétexte mythologique, pas davantage de détour par la peinture orientaliste et les harems de la civilisation ottomane, mais la réalité de la chair : la représentation naturaliste de Victorine Meurent (1844-1927) – qui plus est l’une des amantes du peintre, l’un et l’autre revendiquant leur libertinage…

Ce tableau intitulé Une élégante sur la plage de Trouville, 1885 Par Jean-Louis Forain (1852-1931) est conservé au : collection privée

 

 

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